DE LA COMPRÉENSION AUX ÉCOLES JURIDIQUES

On avait vu précédemment que les deux sources sur lesquelles un musulman devait porter son attention pour pouvoir prétendre à sa félicité auprès de son Créateur sont :
– Le Coran qui est la parole d’Allah qu’il n’a pas créé mais dit.
– Les hadiths qui sont les faits, gestes et paroles du messager d’Allah (sur lui les éloges et les salutations) qui sont aussi issus de la révélation d’Allah.

Ces deux sources sont les bases avec lesquelles le musulman doit fonder sa religion. Dans le Coran et les hadiths on lit plusieurs récits qui nous rappellent que le savoir doit précéder l’action. Parmi ces récits figure le hadith rapporté par Al Bukhari selon lequel le prophète Mohammed ﷺ dit au sujet d’un peuple qui viendra ,qu’il suivra tel homme (il s’agit de l’homme qui avait reproché à tort au Prophète ﷺ :
“Il sortira de celui-là (avec la même idéologie que lui), un peuple d’hommes qui liront le Coran mais rien ne descendra plus bas que leurs gorges ! Par conséquent ils sortiront de la religion”. Hadith unanimement reconnu authentique.

Ce hadith montre qu’il y en a qui liront le Coran, probablement avec une belle voix, mais ces derniers n’en tireront rien.
Donc la bonne compréhension est essentielle pour appliquer cette belle religion.
Un autre hadith authentique souligne cela.

Il est rapporté que le Prophète (sur lui les éloges et les salutations) a dit :
“Les juifs se sont divisés en soixante et onze sectes, les Chrétiens en soixante-douze sectes, et cette communauté se divisera en soixante-treize sectes, toutes iront en Enfer sauf une. Il a été dit : Quelle est-elle, Ô Messager d’Allah ? Il a dit : Quiconque est ce sur quoi moi et mes compagnons sommes » (la salafiya)

On comprend donc que la bonne compréhension se trouve dans le suivi du Prophète ﷺ puis dans celui des compagnons qui étaient les plus pieux et les plus savants de cette communauté.

Avec cela on peut même juger l’acte d’une personne.
Par exemple, si quelqu’un fait un acte, on lui dira :”d’où tires-tu la compréhension de l’accomplissement de cet acte et pourquoi tu le fais de telle ou telle manière ?”.
Si son acte est conforme au précepte que commande la religion islamique, on dira alors que l’acte est pieux, sinon l’acte ne le sera pas et il provoquera probablement le courroux d’Allah.

Plusieurs éléments démontrent que les compagnons du Prophète ﷺ avaient une bonne compréhension et le souci de l’acquérir. À chaque occasion, ils demandaient au Prophète, directement, lorsqu’ils ne comprenaient pas quelque chose de la religion.

Pour avoir une bonne compréhension il faut demander et aller chercher la science. Ce que les compagnons s’empressaient de faire.
On a demandé à un compagnon “Comment as-tu réuni toute cette science ? Il répondit : “Avec une langue qui demande incessamment et un cœur à l’écoute”.
C’est un bien d’apprendre car c’est un chemin qui mène au paradis.
D’où le hadith rapporté par Al Bukhari, selon lequel le Prophète Mohammed ﷺ a dit : “Celui à qui Allah veut du bien, il lui fait comprendre la religion”. Rapporté par Boukhari dans son Sahih n°71 et Mouslim dans son Sahih n°1037)

Donc, les choses auxquelles le musulman doit prêter attention s’il veut réussir sont :
1/Le Coran et la Sunna authentique du Prophète (ﷺ)
– Les explications des compagnons
– Les explications des pieux parmi élèves des compagnons.
Les compagnons, les élèves des compagnons et les élèves des élèves des compagnons sont appelé “salafs” (les prédécesseurs).

Pour résumé ce qu’on a dit, il faut donc s’efforcer de suivre le Coran et la Sunnah authentique avec la compréhension des pieux prédécesseurs.

On a vu précédemment que la bonne compréhension des textes était essentielle afin de pouvoir espérer aller au paradis.
Nous avions vu que la compréhension saine se trouvait chez les pieux prédécesseurs et qu’il fallait apprendre pour espérer avoir une bonne compréhension et par conséquent prétendre au paradis.
Mais un problème se pose pour nous qui sommes éloignés de l’époque du Prophète (sur lui les éloges et les salutations). Nous avons des questions nouvelles liées à notre époque et à notre environnement. C’est ce qu’on appelle les nawazil (litt. Ce sont les nouvelles questions “descendues aus gens”).
En résumé, comment peut-on apprendre cette science qui est notre religion ? Et comment être sûr de son authenticité et de sa bonne compréhension ?
La réponse à ces deux questions se trouve dans un verset qui est dans le Coran :
“Demandez aux gens du rappel si vous ne savez pas.” Sourate Annahl, verset 43.
La formule du verset, “les gens du rappel”, fait référence aux savants de l’islam qui se limitent à ce qu’ils connaissent.
Ce verset est une base importante et précieuse pour le musulman. On y apprend que le musulman ne doit pas interroger n’importe qui sur sa religion ! Plutôt, il se doit de demander aux gens du rappel.

Dans toute les époques, les “gens du rappel” sont reconnus :
– par leur attachement et leur suivi du Coran et de la Sounnah authentique
– par les autres “gens du rappel.”
– par les grands étudiants en sciences religieuses.

Quelqu’un pourrait demander : “si on se trouve dans une contrée ou il n’y a pas de savants, comment faire ? “
On lui dira “si tu peux voyager vers eux pour prendre la science religieuse alors n’hésite pas, mais si tu ne peux pas, alors demande aux étudiants en science qui sont connus pour se référer aux gens de science et dont tu vois en eux de la piété.

Parfois, un étudiant en sciences religieuses peut avoir une recommandation (tazkia) de grands savants, mais ce n’est pas la seule chose qu’il faut regarder. En effet, il se peut qu’il dévie et se permette des choses qui ne lui sont pas permises.
Et sache qu’une personne qui n’a pas de tazkia peut être plus recommandable que celui qui a une tazkia.

Comment reconnaître un étudiant en science ?

– Par le fait qu’il à voyager ou qu’il voyage auprès des savants pour apprendre la science auprès d’eux.
– Par le fait qu’il étudié souvent la religion avec les paroles des grands savants reconnues, la plupart de son temps libre, il le consacre à l’apprentissage de la science.

On peut prendre ou profiter de la science de tout étudiant en science ?

Profite de ceux qui sont plus anciens dans l’apprentissage de la science en priorité, prends surtout de celui qui s’efforce d’appliquer sa science et qui mentionne souvent les grands savants connues.

Quelqu’un peut dire : Mais lorsqu’on compare toutes les paroles des pieux prédécesseurs entre elles, on voit que sur certains points, ils divergent, c’est à dire que leurs paroles sur une question de la religion sont différentes.

Exemple :
Les savants ont divergé concernant le statut de la prière de l’Aïd. Certains savants ont dit qu’elle était obligatoire, que celui qui ne la faisait pas commettait une désobéissance, et d’autres ont dit que ce n’est pas obligatoire mais fortement conseillé de l’accomplir bien qu’il y ait un mal à la délaisser.

On peut se dire alors que cela est étonnant car tous les musulmans puisent (normalement) des même sources qui sont le Coran et la Sounnah authentique avec la compréhension des pieux prédécesseurs.

Pour répondre à cet étonnement on se doit de comprendre les divergences. Je propose qu’on analyse une parole dite par le Prophète (sur lui les éloges et les salutations).
Il a dit :
“Que personne n’accomplisse la prière de al-‘asr si ce n’est chez les Banou Quraydha”.
Banou Quraydha était une tribu juive qui voulait du mal aux musulmans.
La dangerosité de cette tribu contre les musulmans était bien connue du Prophète (sur lui les éloges et les salutations).

Donc les compagnons se sont mis immédiatement en marche vers les habitations des Banou Quraydha. Mais sur le chemin, l’heure de la prière du ‘asr est arrivée, et le groupe risquait de sortir de l’heure de la prière.
Parmi les compagnons, deux avis ont émergé.
– le premier avis pourrait se résumer ainsi : ils ont analysé le sens de la parole du Prophète (sur lui les éloges et les salutations) et estimé que ce n’est pas possible qu’il demande de retarder la prière au point de sortir de son horaire. En effet, quand on analyse le sens de sa parole on voit que le Prophète (sur lui les éloges et les salutations) a juste dit cela pour souligner le fait qu’il fallait immédiatement et rapidement atteindre les habitations de l’ennemi.
– dans le second avis, les autres compagnons n’ont pas prié car ils se sont dit on va suivre à la lettre les paroles du Prophète (sur lui les éloges et les salutations). Et par conséquent, on ne priera qu’une fois arrivé à destination.
Ce récit illustre les causes possibles de divergences chez les savants.
Parmi celles-ci :
– La différence dans la compréhension de la preuve (comme on l’a vu dans l’histoire ci-dessus.)
Mais aussi :
– L’accès à la parole du Prophète (sur lui les éloges et les salutations) : parfois, une personne peut connaître ou se rappeler d’une parole du Prophète (sur lui les éloges et les salutations) alors qu’une autre peut ne pas en avoir connaissance.
– L’authentification du Hadith : des fois un Hadith peut être authentique chez un savant et pas chez un autre donc l’un l’utilise et l’autre ne l’utilise pas. Donc par conséquent celui qui n’utilise pas le hadit se base alors que sur les autres preuves authentiques de la législation.
Par exemple si un menteur évoque un hadith, le savant s’il ne la connais pas alors ils s’abstiendra de le prendre alors que le menteur avait dit vrai.

Et il y a plein d’autres causes de divergence entre les savants.

Parmi les bienfaits qu’Allah le très haut a eu pour cette communauté c’est qu’Il a choisi, de tout temps ou lieu, ceux qui la défende (c’est à dire la religion).
Ces personnes qu’Allah a choisi pour cette religion sont les savants qui suivent les pas de ceux qui les ont précédés, car ces anciens étaient éclairés par la lumière de la prophétie.

Parmi les savants de cette communauté, l’histoire en retient quatre en particulier car ces savants ont eu l’honneur de voir leurs paroles et avis juridiques, regroupé dans des livres et appris par des étudiants.
(ils sont appelés imams en raison de la montagne de science qu’ils ont connu)
Dans l’histoire de l’islam, il y a eu beaucoup de savants mais leurs paroles (avis juridiques) n’ont pas été retranscrit entièrement ou alors une partie.
Ces 4 imams sont:
Abu Hanifa al-Nu’man, Malik bin Anas, al-Shafi’i et Ahmad bin Hanbal qu’Allah leur fasse miséricorde.


Il est important de souligner que ces imams ne cherchaient que la vérité et non de fonder des écoles d’avis juridique. Mais Allah à voulu que leurs avis sur telle ou telle point de la religion soit retranscrit dans des livres et que les élèves de ces savants (imams) s’efforcent à propager grandement leurs avis.

On va résumé les biographies de chacun d’eux.

Le premier imam est Abu Hanifa al-Nu’man, et son nom est al-Nu’man ibn Thabit ibn al-Marzban.
Sa lignée remonte à une famille de nobles Perses.
Son grand-père a embrassé l’Islam à l’époque du Commandeur des fidèles, Umar ibn al-Khattab – qu’Allah soit satisfait de lui. Il est né à en l’an 80 de l’hégire à Koufa qui est dans l’actuelle Irak.
Issue d’une famille assez riche, il a pu travailler un peu en tant que marchand et se concentrer dans l’apprentissage du Coran.
Abu Hanifa avait mémorisé par cœur le Saint Coran quand il était très jeune, et alors qu’il n’avait que seize ans il parti avec son père faire le pèlerinage à la Maison Sacrée. Il a pris la science d’à peu près 4000 savants différents.
Quand il était plus âgé, Abou Hanifa a été éprouvé car il a été fouetté puis mis en prison par le gouverneur de sa région. Ce dernier voulait qu’il soit juge mais Abou Hanifa refusa.
Le poste de juge islamique pour quelqu’un qui s’efforce de craindre son Seigneur est très important car tu sera amené à juger les affaires des gens et par conséquent tu peux faire de l’injustice que tu devra payé auprès du Juge des juges !
Abou Hanifa est mort en 150 de l’hégire à l’âge de 70 ans mais ses avis concernant les différents points de la religion ont été propagés par ses élèves, ce qui à donné naissance à la première école juridique.

Abou Hanifa est un imam reconnu par les gens de la sounnah.
Comme l’affirme entre autre cheikh al fawzan (savant contemporain connu pour son attachement à la sounnah) :
“نحن نحب أبا حنيفة وهو أمام لنا، لأنه من أئمة أهل السنة والجماعة ولا نطعن فيه أبدا”
“Nous aimons Abou Hanifa, il est certes un de nos imams parmi les gens de la sounnah et du consensus. Et jamais nous nous permettrons de le blâmer”

Quelqu’un connaissant certains de ses avis juridiques, peut se dire : ” Comment peut-on le considérer comme un savant de la sounnah alors que son avis est contre celui du prophète ﷺ ?”

On pourrait répondre comme cela suit :
Premièrement, il nous suffit de savoir que les savants connus pour leur attachement à la sounnah le considèrent comme tel.

Deuxièmement, Abou Hanifa à vécu à une époque où en Irak des personnes se permettaient de mentir et inventer des hadiths. Donc par souci d’authenticité il n’acceptait pas toute les paroles qu’on lui rapportait par conséquent il devait émettre ses avis juridique
Qu’en se basant sur le Coran.

L’imam al-Shafi’i (le troisième grand imam des école juridique) à dit : “الناس عيال على أبي حنيفة” “Les gens (dans la science) sont les fils de Abou hanifa”.

Voilà ce qu’on a pu résumer pour ce premier imam.

On a vu précédemment la biographie résumé de l’imam Abou Hanifa. Nous allons ensuite résumer la vie des trois imams qui ont été à l’origine des trois écoles juridiques restantes.

2/ Malik ibn Anas, l’imam de la terre de l’hégire.
L’imam Malik est né en l’an 93 de l’hégire dans la ville de Médine et n’en est pas sorti.
Il a mémorisé, très jeune, le coran ainsi qu’une grande quantité de hadith. Il a aussi compilé un livre de hadith. Son livre de hadith s’appelle mouwatta.
Ce grand imam est mort en l’an 179.

3/ Mohammed ibn Idriss, Chafi’i.
L’imam Chafi’i est né en 150 de l’hégire, dans la Palestine plus précisément à gaza. Il est parti apprendre la science à Médine auprès de l’imam Malik. Parmi ce qu’il mémorisa de l’imam Malik, ce fut son célèbre recueil de hadith. (mouwatta)
Après son apprentissage dans la science religieuse, il voyagea vers l’Irak où il enseigna la science religieuse. Ses avis juridiques furent retranscrits par les étudiants de ce pays.
En l’an 199 de l’hégire, l’imam Chafi’i dû partir en Égypte où il enseigna la science islamique. Par conséquent, d’autres élèves en sciences religieuses notèrent ses avis juridiques. C’est pour ça qu’on ressence de ce grand imam deux écoles juridiques :
– L’ancienne école (المذهب القديم)
– La nouvelle école (المذهب الجديد).

Ce grand imam est mort en l’an 204 de l’hégire.

4/ Ahmed ibn Hanbal.
Il est né en 164 de l’hégire à Bagdad. Cet imam puisa sa science de l’imam Chafi’i puis, se concentra dans la science du hadith. C’est pour cela que certains ont dit : “il n’y a que trois école juridique, il ne faut pas compter Ahmad comme un jurisprudentiel car, c’est en réalité un savant du hadith”.
Cette paroles est fausse, certes les avis juridiques de l’imam Ahmad nous sont parvenus.
L’imam Ahmad est un imam dans le Hadith ainsi que dans le droit islamique.
On ne peut finir de parler de la vie de cet imam sans évoquer un passage très important de sa vie.
L’épreuve qu’il a subi portait sur une paroles qui disait que le Coran était créé. L’imam Ahmad et d’autres savants devaient changer leur avis sur ce point.
Le gouverneur en Irak a émis une thèse selon laquelle tous les savants devaient accepter et le proclamer, sinon ils étaient fouettés, enchaînés, emprisonnés ou même tués.
Certaines personnes ont accepté d’autres ont résisté comme l’imam Ahmad. Puis lorsque le Calife Al-Mutawakkil prit le pouvoir, la doctrine de la création du Coran fut abolie et l’Imâm Ahmad réhabilité. Il pu alors poursuivre ses activités d’enseignement et de narration du Hadith dans la mosquée.
Ce grand imam est mort en l’an 241 de l’hégire.

(la vie de ces savants qu’Allah leur fasse miséricorde sont remplis d’enseignements).

Maintenant je propose de voir où les avis de ces grands savants sont répandus.

Ecole Hanafite :

C’est le plus répandu dans le monde parmi les musulmans, suivi par environ 40 à 45% des musulmans
Il est répandu parmi les musulmans d’Asie centrale

La plupart des musulmans d’Inde, du Pakistan, d’Afghanistan, du Bangladesh et tous les musulmans de Chine et de Birmanie en font partie.
Et les musulmans, de Russie, d’Ukraine. Les musulmans des pays d’Asie centrale (Kazakhstan, Ouzbékistan, Kirghizistan, Tadjikistan et Turkménistan) et les musulmans de l’est de l’Iran (les Baloutches et les Turkmènes)
La “doctrine” est également répandue dans le centre et le nord de l’Irak, du Levant (même en Palestine, en particulier à Gaza, la ville de l’imam Shafi’i appartient à l’école hanafite), et dans la majeure partie de l’Égypte, de la Turquie, des musulmans du Caucase et des Balkans.

École Shafi’ite: –

Le deuxième madhab le plus populaire
Il est répandu parmi les musulmans de Malaisie, d’Indonésie et du Sultanat de Brunei.
Par la plupart des musulmans du Yémen et du sud-ouest d’Oman.
Il est également répandu en Égypte, dans le nord-est de l’Iran, le nord de l’Irak, le sud-est de la Turquie et le nord-est de la Syrie (les Kurdes).
Et en Afrique, le sud de l’Érythrée, l’Éthiopie, Djibouti, la Somalie, le Kenya, la Tanzanie, les musulmans de la côte de l’océan Indien en Afrique, les musulmans d’Afrique australe, les Comores et Madagascar.
On le trouve également dans le sud-ouest de l’Inde et aux Maldives.

École Malikite : –

Le troisième mazhab le plus répandu parmi les musulmans.
Dans le nord de l’Erythrée, le sud de la Haute-Égypte, le Soudan, la Libye et les pays du Maghreb
L’Afrique du Nord et centrale dans son ensemble sauf (musulmans d’Éthiopie, du sud de l’Érythrée, de Somalie, de Djibouti et d’Égypte, sauf la Haute-Égypte)
Le madhab est également répandu dans l’est de la péninsule arabique.

École Hanbalite : –

Le moins commun des quatre madhab.
On ne le trouve que dans la péninsule arabique
Surtout le Royaume d’Arabie Saoudite, le nord du Sultanat d’Oman et la plupart des habitants des Émirats.

Si tu veux voyager vers une contrée, il est bien que tu regardes l’avis du madhab que la plupart des gens du pays connaissent. En faisant cela tu évitera beaucoup de problèmes.

On a vu précédemment le résumé de la vie des imams des quatre écoles juridiques.
Maintenant, nous allons aborder le point le plus important à mes yeux.

C’est “quel comportement doit adopter le musulman vis à vis des écoles juridiques ?” (Je vais essayer d’être le plus clair possible bien que cela soit difficilement explicable en français).

> Premièrement : “L’adoration”

Il faut qu’on soit d’accord sur un même point, qui est que” la vérité que l’on entend passe devant la parole de tout savant”. Tous les savants sont d’accord avec la parole énoncée par l’imam Chafi’i :
‎قال الإمام الشافعي رحمه الله :”أجمع الناس على أن من استبانت له سنة رسول الله لم يكن له أن يدعها لقول أحد من الناس كائنا من كان”.
“Les gens se sont mis d’accord pour dire que celui à qui la preuve de la sounna du messager d’Allah (sur lui les éloges et les salutations) lui est apparu clairement (dans son sens) n’a pas le droit de la délaisser au profit de la parole de qui que ce soit”.

Cette parole interdit que la personne soit fanatique à un savant quel qu’il soit. Prendre alors une parole de chaque Madhab sur divers points de la religion est permis.

Par exemple: pour ta purification, tu prends des avis de Abou Hanifa et pour ta prière, tu prends des avis de l’imam Malik, pour la zakat tu prends des imams Chafi’i et Ahmed.

Mais sache que tu n’as pas à piocher et prendre les paroles des savants juste parce qu’elles te plaisent et sont en corrélation avec tes passions.

Les savants ont dit :
‎”من تتبع الرخص فقد تزندق”
“Celui qui cherche uniquement les licences (les plus faciles parmi les paroles des savants) est devenu un hérétique.”
La personne devient comme un impie car il ne cherche pas la vérité dans les paroles des savants mais il cherche que la parole qui pourra assouvir ses passions.

Sache que si le but de la personne est d’assouvir ses passions, le chaytane l’aidera certainement à trouver des paroles qui le conviendra !
Il est clair que le musulman doit chercher la vérité dans tous ses actes, car il doit chercher à adorer Allah de la meilleure des façons.

Mais un problème peut survenir, c’est dans le cas où le savant se trompe. Dans ce cas là, il faut garder une bonne opinion du savant et se dire par exemple :
“il a dû oublier de prendre en compte ce verset pour émettre son avis sur cette question …”.
En effet, le savant dans ce cas est excusé.
Comme dans le Coran : “Seigneur, Ne nous châtie pas s’il nous arrive d’oublier ou de commettre une erreur.”Al Baqara verset 286. Puis dans le hadith le prophète (sur lui les éloges et les salutations) à dit qu’Allah à dit :” Je l’ai certes fait”.

De plus le savant profite de la faveur d’Allah, comme dans le hadith rapporté par mouslim et alboukhary:

‎«إِذَا حَكَمَ الحَاكِمُ فَاجْتَهَدَ ثم أَصابَ فله أَجْرَان، وإِذا حَكَمَ فَاجْتَهَدَ ثم أَخْطَأَ فله أَجْرٌ».

“Lorsque le juge (savant) a décidé suite à un effort personnel puis il a visé juste [dans sa décision], alors il a deux récompenses. Et lorsqu’il a décidé après un effort personnel mais il s’est trompé, alors il a une [seule] récompense.”
Si la personne sait que le savant s’est trompé sur un point de la religion, elle n’a pas le droit de le suivre dans cette parole.

Donc voilà le premier point qui est :
“On ne fait que les actes qui sont en corrélation avec la vérité que l’on connaît”.

Deuxièmement : “la recherche de la vérité”

Il est important de mentionner que les personnes face aux paroles des savants ne sont pas pareilles.

Les personnes peuvent avoir des niveaux de science religieuse différents et par conséquent chacun son jugement selon sa situation. On énumérera que deux catégories :

– Le moujtahid (المجتهد) est celui qui a étudié la science religieuse et qui par conséquent peut trouver la vérité directement auprès des sources légiférées de la religion.

Par exemple :
Le moujtahid sait faire la différence entre la parole qui est générale de celle qui est absolue, la parole qui est conditionnée par un autre texte de la religion de celle qui n’est pas conditionnée… En résumé, il a les outils qui lui permettent de pouvoir trouver par lui même la vérité qui se trouve dans le coran ou la sounnah.

Celui qui a atteint ce niveau n’a pas le droit de suivre l’avis d’un imam sans regarder la preuve.
D’où la parole de l’imam Ahmad :

‎”لا تقلدني ولا تقلد مالكا ولا الشافعي ولا الأوزاعي ولا الثوري وخذ من حيث أخذوا”
“Ne m’imite pas (c’est à dire dans le suivi aveugle) ainsi que Malik, Shafi`i, Al-Awza`I, et Al-Thawri, mais prenez d’où ils ont pris”.

– Le ‘amiy (العامي) est celui qui n’a pas appris la science religieuse. Lui, doit s’efforcer de suivre le savant qu’il juge le plus pieux et si la vérité lui apparaît il devra la suivre au profit de la parole du savant.

On peut dire de lui que son Madhab est celui de son pays où que son Madhab lui est dicté par l’imam de la mosquée qui lui est la plus proche”.

Quelqu’un pourrait dire “mais si le savant (ou l’imam) qui me donne un avis juridique se trompe et moi je le suis, aurais-je un péché ? On lui dira non, car tu es excusé comme le savant si tu ne connais pas l’erreur et que tu as cherché à demander ou prendre la science du savant le plus pieux et compétent à tes yeux.
Mais attention, si tu trouves la vérité, plus tard tu devras la suivre, car du moment que tu connais la vérité et que rien ne t’empêche de la suivre, alors tu n’es plus à l’abri !

> Troisièmement : “l’apprentissage”

Il faut faire la différence entre l’acte (العمل), la recherche de la vérité et l’apprentissage.
Quand on apprend, la mesure est différente. Si une personne veut se spécialiser dans la jurisprudence (ou le droit islamique), il se doit de lire le plus d’ouvrages possible qui porte sur la jurisprudence, et malheureusement, il trouvera par conséquent des avis erronés de savant.

Certes aucun grand savant n’a pu devenir savant sans lire les différents avis des autres savants qui l’ont précédé, et heureusement d’ailleurs qu’ils connaissent même les avis erronés car ils peuvent nous mettre en garde contre les déviances.
Ce point nous amène à penser au hadith de Houdheyfa ibn Yaman rapporté par Mouslim quand il dit :
‎ “كانَ النَّاسُ يَسْأَلُونَ رَسولَ اللهِ صَلَّى اللَّهُ عليه وَسَلَّمَ عَنِ الخَيْرِ، وَكُنْتُ أَسْأَلُهُ عَنِ الشَّرِّ مَخَافَةَ أَنْ يُدْرِكَنِي.”
“Les gens demandaient au messager d’Allah
‎ﷺ à propos du bien, tandis que moi je lui demandais au sujet du mal, de peur qu’il ne m’atteigne”.

On peut comprendre aussi qu’apprendre les paroles d’un madhab n’est pas un mal du moment que le premier point est respecté. De plus, apprendre les paroles d’un madhab peut être un bien car tu vas pouvoir mieux comprendre les autres qui sont issus de l’enseignement du Madhab, et comme on l’a affirmé, si tu voyages vers la contrée de ce Madhab, tu comprendras mieux les faits et gestes du peuple.

Si tu as une famille qui connaît un Madhab en particulier, apprends leur Madhab en priorité. Tu verras, tu vas mieux comprendre ce qu’ils font, et tu monteras dans leur considération car tu connaîtras leurs livres et par conséquent tu pourras les appeler à la vérité.
Ils t’accepteront plus facilement car ils verront que tu respectes les savants anciens.

Lorsque tu vas apprendre un Madhab tu verras que les savants sont souvent d’accord avec ce que disent les imams des quatre écoles juridiques. En effet les divergences ne sont que peu.

> Quatrièmement : “l’enseignement”

Il faut savoir que l’enseignement aux personnes peut présenter des différences selon les situations et circonstances.

Exemple :
– Si tu as appris les paroles du Madhab malikite, que tu vas dans un pays Chafi’ite et que tu as la capacité et l’intention d’enseigner la jurisprudence alors il sera mieux pour toi de l’enseigner selon leur Madhab bien que tu les appelleras à suivre la vérité à travers les livres.
Mais pour bien appeler à la vérité, il te faut connaître les preuves. En effet il serait illogique pour toi que de dire : “suivez mon imam” sans connaître sa preuve, peut-être que tu les appelleras à délaisser une vérité alors que tu les appelles à une parole erronée.

Sache que si tu veux appeler les gens à la vérité, tu te dois de connaître les points où l’on ne trouve pas de divergence auprès des savants, car les savants sont unanimes pour dire que celui qui sort une parole qui sort des limites du consensus s’est certes égaré.

Allah dit :{ وَمَن یُشَاقِقِ ٱلرَّسُولَ مِنۢ بَعۡدِ مَا تَبَیَّنَ لَهُ ٱلۡهُدَىٰ وَیَتَّبِعۡ غَیۡرَ سَبِیلِ ٱلۡمُؤۡمِنِینَ نُوَلِّهِۦ مَا تَوَلَّىٰ وَنُصۡلِهِۦ جَهَنَّمَۖ وَسَاۤءَتۡ مَصِیرًا }

Et quiconque fait scission d’avec le Messager, après que le droit chemin lui est apparu et suit un sentier autre que celui des croyants, alors Nous le laisserons comme il s’est détourné, et le précipiterons dans l’Enfer. Et quelle mauvaise destination”. Sourate An nissa verset 115.

Et pour finir on rapporte une parole, une recommandation sur laquel toute les quatre imam sont d’accord car ils ont énoncé cela dans le sens :
“إذا صح الحديث فهو مذهبي”
“si le hadith est authentique alors il est mon Mazhab !”

Voilà ce que j’ai pu mentionner et Allah est plus savant.

Ouvrir le Chat
1
Besoin d'aide ?
SES ISLAM
‏السلام عليكم ورحمة الله وبركاته
Que puis-je faire pour vous ?